Rentrée culturelle pour tous ?

Nous reproduisons ici un texte signé par nombre de lieux culturels et notamment les ccn et cdcn qu'il nous semble important de partager

"Pour faire face à la circulation importante des variants de la COVID, le gouvernement a donc décidé de conditionner l'accès aux lieux de culture à la détention d'un passe sanitaire.
Cette décision traduit une volonté de rendre la vaccination obligatoire. Et pour atteindre cet objectif, sans pour autant décréter une obligation vaccinale, le gouvernement met ainsi dans la balance l'interdiction d'accéder à certains services pour les citoyen.ne.s qui ne pourraient attester d'une vaccination complète.
De l'incitation à la coercition, il n'y a là qu'un pas qui nous semble avoir été trop rapidement franchi. D'autant que la culture n'est pas un bien de consommation dont on peut se passer sans dommage sur notre santé-même.
Nous directrices et directeurs de lieux culturels, bien que favorables à la vaccination et conscient.e.s des risques de propagation du virus, ne pouvons accepter de mettre en place de telles mesures de contrôle à l'entrée de nos salles. Nous considérons qu'il y a là une contradiction totale avec nos missions de service public qui consistent à favoriser l'accès à toutes et tous, sans aucune distinction ni discrimination.
Comme la défenseure des droits, nous considérons que ces restrictions d’accès aux biens et aux services publics de la culture constituent une atteinte aux droits et à la liberté et comme elle, nous avouons notre inquiétude à imaginer des citoyen.ne.s non assermenté.e.s opérer un contrôle d’autres citoyen.ne.s. de leur état vaccinal, de leur état de santé et de leur identité- même.
Nous ne pouvons accepter de devenir des agents de contrôle de l'Etat en procédant à ces vérifications auprès de nos publics et en réalisant des rapprochements d'identité pour nous assurer de leur probité, comme cela nous a été demandé.
Nous ne pouvons pas non plus entendre que l'urgence sanitaire, aussi grave soit-elle, justifie la remise en cause de ce précepte fondamental de l'égalité d'accès à nos lieux. D'autant qu'il y a, nous le savons bien, un déséquilibre fort en matière de vaccination, entre les classes sociales les plus pauvres et les plus riches.
  
Cette évolution de la règle d'accès aux lieux culturels et la modification de nos conditions d'ouverture, nous semblent injustifiées et contre-productives, parce que d'autres solutions existent et ont fait leur preuve.
A été établi, il y a quelques mois, en dialogue entre nos syndicats et le ministère, un protocole d'ouverture graduée et conditionnée à l'évolution sanitaire, fixant des limitations de jauges en fonction des stades de l'épidémie, par territoire, incluant des règles de distanciation des spectateur.rice.s et de port du masque. Nous demandons que ce protocole strict puisse continuer à s'appliquer, car il offre une alternative efficace, sérieuse et républicaine au passe sanitaire.
La question économique ne pouvant être première dans cette réflexion, nous entendons rester ouverts à toutes et tous en jauge réduite, plutôt qu'ouvrir à 100% aux seuls publics vaccinés. Pratiquer une sélection des citoyen.ne.s à l'entrée de nos salles ne fera qu'accentuer le fossé déjà largement creusé entre les populations. Notre rôle n'est pas de tenir à l'écart de supposés « moutons noirs » de la société mais bien au contraire de favoriser leur inclusion et de forger ensemble une communauté.
L'art et la culture ne sont pas des produits de divertissements non-essentiels, dont on peut conditionner et instrumentaliser l'accès sans causer des dégâts du point de vue sociétal.
Nous l'avons dit et répété pendant un an, et cette nouvelle décision unilatérale, sans concertation professionnelle, ne fait qu'attester l'absence de prise en considération de la place de l'art et de la culture dans nos vies et dans la démocratie. De la même façon que le gouvernement a décidé qu’il n’y aurait pas de contrôle d’accès à l'école, ce qui est le minimum républicain, il ne doit pas y avoir de contrôle et interdiction d’accès aux lieux culturels.
Nous affirmons ici notre opposition à l'application par nos équipes du passe sanitaire et demandons de toute urgence que soit reconsidérée cette décision afin que le gouvernement nous permette d'ouvrir nos salles, aux conditions fixées par le protocole sanitaire du mois de mai dernier, seul accord acceptable pour le respect de nos missions de service public."
L’Association des Centres Chorégraphiques Nationaux
L’Association des Centres Dramatiques Nationaux

à bientôt

 

Les alentours rêveurs

La Cie les alentours rêveurs est une compagnie de danse contemporaine fondée en 2003 qui porte le travail du chorégraphe Serge Ambert.

Son travail s’attache à mettre l’humain au cœur de sa recherche.
L’écriture oscille entre corps théâtral et corps dansant avec une attention forte portée à l’écriture du mouvement et un sens poussé du détail.
Le geste chorégraphique en devient signifiant et expressif porté par un rapport à la musicalité important.
Les thématiques choisies interrogent notre société, l’identité des individus qui la composent ainsi que la notion de normes.

Ainsi depuis 2004 sont traités des thèmes comme la schizophrénie, la maladie mentale et l’enfermement (La Fêlure du Papillon 2004, les âmes perdues 2005, Comme un Bond en plein Ciel 2010, Ce que me dit la Nuit 2014), la dualité de l’homme entre masculinité et féminité (Fleurs sanglantes 2009), la reconstruction après le chaos (Les Blessures volontaires 2012), le rituel (La Femme ailée 2012).

Une part importante de la recherche est tournée vers la relation à d’autres formes artistiques, la musique contemporaine (Desirata 2007), la musique improvisée (Souffle aux Corps 2011), la littérature (A mots perdus 2015). Toutefois le texte et la musique font partie intégrante de ce qui est donné à voir au plateau dans presque toutes les créations. Dernièrement elle a proposé une première création pour l’espace public (Entre deux horizons 2017), duo pour une danseuse en suspension et un danseur au sol.

Dans son travail de sensibilisation la compagnie s’attache à travailler avec tous les publics (scolaires, publics en situation de handicap, amateurs), à la recherche de la signature corporelle et gestuelle propre à chaque individu et où le sensible est le moteur essentiel.

Depuis 2006 la Cie les alentours rêveurs est installée à l’Abbaye de Corbigny à la demande de la municipalité. Elle a ainsi trouvé un écrin idéal pour mener sa recherche et aller à la rencontre des publics.

Parallèlement au travail de création elle propose un projet de développement du lieu intitulé La Ruche en mouvement. Ainsi elle accueille en résidence une douzaine de compagnies par saison et met en place une programmation axée principalement sur la danse, la musique et le jeune public. Elle organise également un festival autour du denier week-end de juin Jours de Danse(s).

La Compagnie les alentours rêveurs est accueillie en résidence d’implantation par la commune de Corbigny dans le cadre d’une convention triennale.

Elle est aidée par le Ministère de la culture/DRAC Bourgogne Franche-Comté au titre de l’aide à la structuration, conventionnée par le Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté et subventionnée par le Conseil Départemental de la Nièvre et la Communauté de Communes Tannay-Brinon-Corbigny.